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C'est
avec plaisir que je laisse la place pour cet
édito à une fidèle et loyale militante active de
la CFTC de notre lettre fédérale, Agnès
COURTOUX, Vice–présidente de notre Fédération et
qui vient d'entrer au sein du Conseil de notre
Confédération suite au dernier Congrès de
Strasbourg.
Nous vous livrons intégralement le cri du cœur
d'Agnès qui traduit bien le sentiment de
beaucoup de Français.
Bonne lecture et surtout le 3 décembre 2008
n'oubliez pas de voter CFTC aux élections
prud'homales.
Bien cordialement.

Bernard GERDOLLE
Secrétaire Général
Le cri du cœur d'une
militante
CFTC,
Agnès COURTOUX,
Vice-présidente
Fédérale
Très chers amis.
C’est une crise de confiance, une crise
économique, une crise alimentaire qui secoue la
planète en cet automne 2008. Cette crise a
démarré en août 2007 mais on a vite remis le
couvercle sur la marmite sans chercher à
comprendre. C’était Tchernobyl ! La France
serait épargnée, le nuage s’arrêterait à la
frontière !
C’est une crise, dit-on, dont la finance est
responsable. Mais attention à ne pas faire
croire que cette responsabilité est celle des
modestes salariés des banques soumis à des
objectifs pour vendre des produits sophistiqués,
incompréhensibles et souvent libellés en langue
anglaise alors que la CFTC réclame l'utilisation
de la langue française qui seule permet d'éviter
les malentendus. Non, les responsables de la
crise ne sont pas ces salariés à qui l’on a
successivement imposé des changements
informatiques, imposé des passages à des normes
comptables soi-disant prudentielles de Bâle I,
puis de Bâle II, imposé des fusions pour que
leurs établissements deviennent prétendument
plus résistants en terme de concurrence. Non,
mes amis, les vrais responsables sont les
nombreux dirigeants de banques et de sociétés
financières qui ont, en outre, l’impudeur de
réclamer des scandaleuses indemnités de départ
lorsqu’ils sont démis de leurs fonctions ou
encore l’incorrection de vouloir se réfugier
dans les filiales de leur groupe, tel Nicolas
Merindol, demandant asile au Crédit Foncier
qu’il avait préalablement forcé à s’associer
avec le promoteur immobilier Nexity qui licencie
aujourd’hui des centaines de salariés.
Mais
où étaient-ils, ces soi-disant patrons de
banques, ces administrateurs responsables de
stratégie d’entreprise, ces contrôleurs de
gestion et ces régulateurs de marché lorsque
les risques ont été pris ? En 2003, après les
faillites et les scandales comptables d’Enron et
de WorldCom, La France avait pourtant appelé au
sein du G8 à l’instauration de garde-fous
financiers et réglementaires. C’était prêcher
dans le désert, rien n’a été fait pour empêcher
le scandale suivant d’une ampleur et avec des
conséquences pourtant dix fois plus néfastes.
Les
salariés des banques ont déjà commencé à payer
un lourd tribut à cette crise :
- Natixis dont le titre est passé
de 20 à 1,50 € pourrait être retiré de la cote,
et supprime 800 emplois.
- la Caisse nationale des caisses
d’épargne (CNCE), par la fusion de ses
caisses régionales, a condamné 5400 emplois.
- le rapprochement Banque
Populaire/Caisses d’Epargne, qui
s’annonce détruira de nombreux emplois.
- la Société Générale, fragilisée,
parce que devenue beaucoup plus petite que sa
concurrente BNP-Parisbas, qui vient d’absorber
Fortis.
Et combien d’autres banques trinqueront encore
au niveau des emplois?
Il
faut aussi parler de tous les salariés issus de
beaucoup d’autres secteurs qui vont eux aussi
souffrir, car l’économie, la vraie, puisqu’il
n’y en a qu’une, est malade, touchée de plein
fouet par les conséquences du séisme financier.
Qu’on en juge :
- la masse des crédits à l’habitat se contracte,
et, alors même que le besoin en logements
nécessiterait la construction de 500 000
logements par an (on en construira 340 000 cette
année), le bâtiment licencie en masse les
ouvriers.
- faute de crédits à l’investissement, des PME
et des TPE (les seules créatrices d’emploi, 93%
des entreprises françaises ayant moins de 10
salariés) font faillite, leurs salariés sont
licenciés et des familles entières risquent
d’être jetées dans la misère du chômage.
- les collectivités locales constatent quant à
elles un peu tardivement avoir contracté des
emprunts à taux variable et voient exploser
leurs dettes, et donc celles de leurs
administrés. On recense aujourd’hui au moins 50
collectivités locales en grande difficulté pour
avoir souscrit des emprunts toxiques dont les
charges d’intérêt explosent, au détriment du
service public comme des contribuables.
En
résumé, comme disait La Fontaine, "ils n’en
mourraient pas tous mais tous étaient touchés !"
Le
plan de sauvetage qui vient d’être mis en place
par les Pouvoirs Publics, consistant en une mise
à disposition des banques via une société de
participation de 10,5 milliards d’euros, est
nécessaire et opportun. Tout assèchement du
crédit condamnerait l’économie à la paralysie.
Mais, il est plus que temps que la banque se
recentre d’urgence sur ses vraies missions, à
savoir :
- la sécurisation des dépôts des épargnants.
- de vraies prises de risques mais au service du
développement des PME et TPE et qui permettront
la création d’emplois, la mission « au service
des entreprises » ne pouvant être réservée à la
seule entité OSEO.
- des crédits à l’habitat aux ménages respectant
les seuils d’endettement autorisés (beaucoup
sont aujourd’hui exclus en raison de la hausse
des taux).
- les crédits consommation à nos concitoyens à
des taux moins usuraires et sans amener ceux-ci
à la limite du surendettement.
Cette
crise est sévère et ses effets seront douloureux
mais n’ayons pas peur.
Tous ensemble, tous unis, soutenons la
CFTC pour
la défense de l’emploi, de la transparence et de
la vérité face à cette crise injuste qui
amnistie les responsables et pénalise ceux qui
n’avaient pas le pouvoir de décider.
Agnès COURTOUX
Vice Présidente Fédérale
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